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Droits des emprunteurs et prêteurs après la fermeture d'une plateforme

Un cadre juridique protecteur pour toutes les parties

La fermeture d'une plateforme de crowdfunding ne crée pas un vide juridique. Les contrats de prêt conclus entre emprunteurs et prêteurs survivent à la disparition de l'intermédiaire. Ce principe fondamental est renforcé par le règlement européen PSFP, qui impose des mécanismes de continuité précisément pour garantir le respect des droits de chacun.

Comprendre ses droits et obligations dans ce contexte est essentiel, que l'on soit prêteur ou emprunteur.

Les droits des prêteurs

Le droit au remboursement

Le droit le plus fondamental du prêteur est le droit au remboursement selon les termes du contrat signé. La fermeture de la plateforme ne modifie en rien les conditions du prêt : taux d'intérêt, calendrier d'amortissement, montant des échéances. L'emprunteur reste tenu de rembourser intégralement le prêt contracté.

Le droit à l'information

Les prêteurs ont droit à une information claire et complète sur les modalités de la transition. Cela inclut l'identité du prestataire repreneur, les coordonnées de contact, les modalités d'accès au nouvel espace en ligne, et le calendrier de transition. Cette information doit être fournie dans un délai raisonnable avant la cessation effective.

Le droit d'accès aux données

Conformément au RGPD, les prêteurs conservent leur droit d'accès à l'ensemble des données les concernant : contrats, échéanciers, historiques de paiement, correspondances. Le prestataire de gestion extinctive doit être en mesure de répondre à ces demandes.

Le droit à un traitement équitable

En cas de difficulté de recouvrement auprès d'un emprunteur défaillant, les prêteurs doivent être traités de manière équitable et non discriminatoire. Les fonds récupérés sont répartis proportionnellement entre les prêteurs concernés.

Les obligations des emprunteurs

L'obligation de remboursement

La fermeture de la plateforme n'éteint pas la dette. L'emprunteur reste tenu de rembourser le prêt conformément à l'échéancier contractuel. Le changement de gestionnaire ne constitue pas un motif légitime pour cesser ou différer les paiements.

L'obligation de coopération

L'emprunteur doit coopérer avec le nouveau gestionnaire : fournir les informations demandées, maintenir ses coordonnées bancaires à jour, signaler tout changement de situation susceptible d'affecter sa capacité de remboursement.

L'obligation de mise à jour KYC

Si le prestataire repreneur demande une mise à jour des informations de vérification d'identité, l'emprunteur est tenu de se conformer à cette demande dans les délais impartis. Cette obligation découle des réglementations anti-blanchiment applicables au nouveau gestionnaire.

Les voies de recours en cas de difficulté

Si la transition ne se déroule pas correctement, les parties disposent de plusieurs voies de recours :

  • Réclamation auprès du prestataire de gestion extinctive : première étape, le traitement interne des réclamations est obligatoire
  • Saisine du médiateur : en cas d'échec de la réclamation, un médiateur de la consommation peut être saisi gratuitement
  • Signalement à l'AMF ou à l'ACPR : les régulateurs peuvent être alertés en cas de manquement grave du prestataire
  • Action en justice : en dernier recours, les tribunaux compétents peuvent être saisis pour faire valoir ses droits contractuels

Le rôle protecteur de la gestion extinctive professionnelle

Le recours à un prestataire professionnel de gestion extinctive comme Runoff constitue en lui-même une protection pour les emprunteurs et les prêteurs. La solution offre des espaces dédiés transparents, une automatisation des flux qui réduit le risque d'erreur, et une conformité réglementaire permanente.

L'expertise de Capsens, qui a construit et opéré de nombreuses plateformes de financement participatif, garantit une compréhension fine des droits et obligations de chaque partie. Les processus de Runoff sont conçus pour respecter scrupuleusement le cadre juridique applicable.

La fermeture d'une plateforme ne suspend aucun droit et n'annule aucune obligation. Le cadre juridique et réglementaire assure à chaque partie que ses intérêts seront respectés jusqu'à l'extinction du dernier prêt.
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