
Le KYC, pour Know Your Customer (« connaître son client »), désigne l'ensemble des procédures permettant d'identifier, de vérifier et de comprendre les clients d'un service financier.
Souvent réduit à une simple vérification de pièce d'identité, le KYC est en réalité un processus bien plus large. Il ne consiste pas seulement à vérifier qu'un utilisateur est bien celui qu'il prétend être, mais aussi à évaluer son profil, son niveau de risque et la nature de sa relation avec le service utilisé.
Ce dispositif s'inscrit dans un cadre réglementaire strict, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Il constitue même la première étape indispensable pour détecter des comportements suspects et sécuriser les flux financiers.
Avec le renforcement des exigences réglementaires ces dernières années, le KYC est devenu un processus continu. Les acteurs financiers doivent non seulement vérifier leurs clients à l'entrée en relation, mais aussi s'assurer dans le temps que les informations restent à jour et cohérentes.
Aujourd'hui, le KYC est donc à la fois une obligation réglementaire, un outil de gestion des risques et un socle de confiance. Il est indispensable au bon fonctionnement de tout écosystème financier, des banques aux plateformes de financement participatif.
Contrairement à une idée répandue, la validation du KYC ne relève pas directement de la plateforme de crowdfunding.
En pratique, cette responsabilité incombe au prestataire de services de paiement (PSP) avec lequel la plateforme travaille. Des acteurs comme Lemonway ou MangoPay sont chargés d'ouvrir les portefeuilles électroniques des utilisateurs, de vérifier leur identité et de s'assurer de leur conformité aux exigences réglementaires.
Ce sont ces établissements, agréés et supervisés, qui portent la responsabilité du dispositif KYC et plus largement des obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
La plateforme, de son côté, joue un rôle d'interface : elle collecte les informations, structure le parcours utilisateur et facilite la transmission des documents. Mais elle ne valide pas elle-même les dossiers.
Cette distinction est essentielle pour comprendre le fonctionnement du crowdfunding. Dès lors que des fonds transitent par un prestataire de paiement, c'est ce dernier qui devient le garant de la conformité des comptes et des opérations.
Autrement dit, le KYC n'est pas seulement une fonctionnalité intégrée à une plateforme : c'est un mécanisme réglementaire porté par l'infrastructure de paiement sur laquelle elle repose.
Lorsqu'une plateforme cesse son activité et qu'un dispositif de gestion extinctive est mis en place, la question du KYC devient centrale.
Les investisseurs ont déjà été identifiés, leurs comptes sont actifs et des flux financiers doivent continuer à circuler. Faut-il alors recommencer les vérifications ? Les dossiers sont-ils toujours valables ?
La réponse dépend d'un élément clé : l'environnement de paiement utilisé.
Lorsque le prestataire de services de paiement est maintenu, les comptes existants ainsi que les KYC associés sont en grande partie conservés. Les utilisateurs restent identifiés dans le même cadre réglementaire, ce qui permet d'assurer la continuité des opérations sans reprise complète des vérifications.
Dans ce cas, seules des mises à jour ponctuelles peuvent être nécessaires, par exemple si un document est expiré ou si certaines informations doivent être complétées.
À l'inverse, lorsque le prestataire de paiement change, les dossiers KYC doivent être réévalués par le nouvel acteur. Les informations existantes peuvent être réutilisées, mais leur validation dépend des exigences du nouveau prestataire. Si les dossiers sont complets et conformes, la transition est rapide. Dans le cas contraire, une mise à jour est demandée aux utilisateurs.
Dans tous les cas, l'objectif reste le même : garantir la conformité réglementaire tout en assurant la continuité des flux, sans créer de complexité inutile pour les investisseurs.
La gestion extinctive ne remet donc pas en cause le KYC en tant que tel, mais impose de s'adapter à l'infrastructure de paiement en place.
Dans un contexte de gestion extinctive, la gestion du KYC ne doit pas devenir un point de blocage pour les investisseurs.
L'approche de Run Off repose d'abord sur un principe simple : privilégier la continuité lorsque cela est possible. Lorsque le prestataire de services de paiement de la plateforme d'origine peut être maintenu, l'objectif est de conserver l'environnement existant afin d'éviter toute reprise inutile des vérifications.
Cette approche permet de préserver les comptes, les coordonnées bancaires et les identifiants des utilisateurs, tout en maintenant les KYC déjà validés. Les opérations peuvent ainsi se poursuivre sans rupture, avec un niveau de friction minimal.
Lorsque ce maintien n'est pas possible, un travail d'audit est réalisé sur les dossiers existants afin d'identifier les éventuels points de blocage. Les informations déjà collectées sont réutilisées autant que possible, et seules les mises à jour strictement nécessaires sont demandées.
Dans tous les cas, les parcours proposés sont conçus pour être clairs et accessibles, notamment grâce à l'intégration directe des parcours des prestataires de paiement au sein de la plateforme Run Off. Les utilisateurs peuvent ainsi effectuer les éventuelles mises à jour nécessaires dans un environnement unique, sans multiplier les interfaces ou les démarches.
L'objectif reste constant : assurer la conformité réglementaire tout en garantissant une expérience fluide pour les investisseurs.
Le KYC est souvent perçu comme une contrainte administrative, voire comme un point de friction dans le parcours utilisateur. En réalité, il constitue un élément structurant du fonctionnement des plateformes financières, en garantissant la sécurité des flux et la conformité réglementaire.
Dans un contexte de gestion extinctive, cet enjeu devient encore plus sensible. Il ne s'agit pas seulement de vérifier des identités, mais de maintenir un système existant, avec des utilisateurs déjà actifs et des opérations en cours.
L'enjeu n'est donc pas de refaire le KYC, mais de savoir comment le préserver, l'adapter et, lorsque nécessaire, le mettre à jour de manière ciblée.
C'est dans cette logique que s'inscrit l'approche Run Off : assurer la continuité des opérations tout en limitant les reprises inutiles, afin de concilier exigences réglementaires et simplicité pour les investisseurs.